Enquête : Les marques auto les plus fiables

France Casse révèle ses statistiques !

On nous a tous un jour conseillé d’acheter une marque plutôt qu’une autre.

Un voisin qui n’achète que des véhicules de marque X et qui n’a jamais eu la moindre panne : jamais changé ne serait-ce qu’une ampoule, ses pneus ne s’usent pas et son pot d’échappement ne rejette que de l’air propre et des pétales de rose… Ou un ami garagiste qui nous explique que tous les véhicules de marque Y qu’il a réparés possèdent tel ou tel problème systématiquement parce qu’ils n’embauchent que des ingénieurs incompétents dans leurs usines décentralisées au tiers-monde et donc qu’il ne faut surtout pas acheter cette marque !

Que se passe-t-il lorsque l’on a plusieurs amis garagistes ou de nombreuses connaissances passionnées d’auto ? Inévitablement on finit par avoir de plus en plus d’avis contradictoires… Qui a raison ?

Aucun. Tout simplement car notre voisin n’a conduit qu’une poignée de véhicules différents et puisqu’ils sont tous de même marque, n’a jamais pu comparer sa marque préférée avec d’autres. Il n’est pas objectif et son échantillon de mesure est ridiculement trop petit et loin d’être représentatif.

Soit. Qu’en est-il du garagiste, lui a certainement vu et conduit un très grand nombre de véhicules, et c’est son métier de connaître et réparer les pannes ! Certes, mais est-ce qu’on lui amène des véhicules qui ne sont pas en panne ?

Supposons que le garagiste ait observé 25 pannes identiques sur 30 véhicules de la marque Y. Peut-il en conclure que la quasi-totalité des véhicules de cette marque présenteront cette même panne ? Certainement pas puisqu’il existe des millions de véhicules de cette marque n’ayant pas eu cette panne.

Remarque : ce serait différent si tous les garagistes observaient la même proportion de pannes, mais nous ne parlons ici que de l’expérience d’un seul.

Il est très difficile d’évaluer la fiabilité d’un constructeur à partir de notre expérience et de notre contact limités avec le parc automobile. C’est pourquoi il faut des études à grande échelle.

Malheureusement, la plupart des études statistiques portant sur la fiabilité des marques et modèles automobiles se basent sur les témoignages des utilisateurs. Avec le grand nombre de marques et de modèles en circulation et en vente, les résultats sont généralement imprécis car concluent de la fiabilité ou non d’un modèle en se fiant à une poignée de témoignages. Lorsqu’il s’agit de statistiques, le nombre fait la force.

Avec plus de 2 millions de demandes de pièces sur les 4 dernières années, les statistiques exceptionnelles de France Casse offrent un regard inédit sur les besoins des automobilistes en pièces détachées d’occasion. Nous avons décidé de publier nos statistiques, et d’en proposer l’analyse dans une série de posts.

Vous êtes bien entendu invités à donner votre avis, et à partager vos témoignages dans les commentaires.

Remarque : cette étude ne concerne pas les véhicules neufs ou récents, mais porte seulement sur les véhicules d’occasion dont la mise en circulation date d’avant 2010 (et après 1970).

Marques les plus demandées

Demandes France Casse par marque
Proportion des demandes de pièces sur France Casse par marque

Sans surprise, on retrouve Renault et Peugeot dans le duo de tête des demandes de pièces. Plus surprenant, Citroën n’est qu’en cinquième position.

Puisque ce sont les marques de véhicules les plus présentes sur le parc automobile français, cela ne nous apprends pas grand-chose. Observons donc quelles sont les marques les plus représentées parmi les véhicules en circulation :

Proportion des immatriculations
Proportion des immatriculations par marque de véhicule

Citroën est bien dans le trio de tête en nombre de véhicules immatriculés.  Renault, Peugeot et Citroen se partagent 59% des immatriculations, soit plus de la moitié du parc automobile français.
Source des données : CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobile).

Ainsi, si l’on divise le nombre de demandes de pièces effectuées sur France Casse par le nombre de véhicules en circulation pour chaque marque (ou même une approximation de ce nombre), cela devient bien plus intéressant.

Prenons aussi dans ces statistiques uniquement les demandes de pièces touchant à la motorisation des véhicules, en évitant les pièces d’usure ou de carrosserie qui ne donnent aucune indication de fiabilité. Nous avons retenu les pièces suivantes :

Ces pièces seront plus représentatives de la fiabilité des véhicules, dont nous pouvons alors faire une estimation :

 Fiabilité des marques auto

Nombre de demandes de pièces par marque et par véhicule (approx)

Remarque : Ces chiffres sont basés sur le nombre de véhicules immatriculés depuis 1980 par marque (liste des marques non exhaustive). Bien entendu, cela ne représente pas exactement le nombre de véhicules en circulation, et donc ce nombre par véhicule n’est qu’approximatif, il s’agit d’un indice de comparaison et non d’un dénombrement absolu.
De plus, ces données ne prennent pas en compte l’existence de modèles plus ou moins fiables parmi chaque marque. En effet, selon le modèle, la cylindrée et le type de carburant, la fiabilité d’une auto peut varier fortement. Nous corrigerons ces imprécisions dans de prochains posts dédiés aux différents constructeurs.

Ainsi, relativement au nombre de véhicules, les marques Chrysler, Mitsubishi et Ssangyong sont clairement les mauvais élèves, suscitant un nombre bien plus important de demandes de pièces d’occasion pour des pièces primordiales ou « à fonction » (moteur, boite de vitesse, etc).

Les marques françaises sont plutôt bien placées (dans le TOP10), et la palme revient à la marque Dacia (filiale de Renault), dont la réputation de fiabilité n’est pas nouvelle.

BEMOLS : Certains facteurs perturbent probablement ce classement, et ces biais sont difficiles à identifier. En voici quelques uns.

  1. Les garanties.
    Des modèles de véhicules sont proposés avec des garanties allant jusqu’à 7 ans. Forcément, le propriétaire d’un tel véhicule fera appel à sa garantie plutôt que d’acheter une pièce d’occasion. Ainsi, les différences de garanties entre les marques peuvent favoriser l’indice de fiabilité tel que nous l’avons calculé :Marques a garanties etendues :
    Garantie 7 ans ou 100 000 km :Kia Cee’d et Sportage
    Garantie 5 ans kilométrage illimité :Hyundai i30, Kia Rio, Carens et Opirus
    Garantie 3 ans kilométrage illimité :Hyundai (sauf i30), Jaguar, Kia (sauf Carens, Cee’d, Rio, Sportage et Opirus)
    Garantie 3 ans ou 150 000 km :Renault Laguna
    Garantie 3 ans ou 100 000 km :Cadillac, Chevrolet, Corvette, Dacia, Fiat Sedici, Honda, Infiniti, Land Rover, Lexus, Mazda, Mitsubishi, Nissan, Renault Espace et Vel Satis, Subaru, Suzuki, Ssangyong, Toyota
    Garantie 2 ans kilométrage illimité (Minimum réglementaire) :Alfa Romeo, Audi, BMW, Chrysler, Citroën, Dodge, Fiat (sauf Sedici), Ford, Jeep, Lancia, Mercedes, Mini, Opel, Peugeot, Porsche, Renault (sauf Espace, Laguna et Vel Satis), Saab, Seat, Skoda, Smart, Volkswagen, Volvo

En particulier, la marque Kia est donc probablement avantagée dans le classement.

  1. Les véhicules de luxe : un conducteur ayant les moyens financiers de s’offrir un véhicule très cher peut certainement se payer des pièces neuves et ne se reposera donc pas forcément sur le marché de l’occasion. De plus, comparer la fiabilité d’une Ferrari à une Renault n’a pas beaucoup de sens !
    Toutefois, nous n’avons dans ce classement pris en compte que les véhicules ayant un nombre important de véhicules en circulation. Ainsi, les marques les plus luxueuses telles que Rolls-Royce, Bentley, Ferrari, Lamborghini, Maserati, Aston Martin, Bugatti, etc. qu’il y ait un sens ou non à les intégrer à l’étude, n’ont pas été analysées.  Cela garantie à ces chiffres un minimum de fiabilité.
  1. Dacia est probablement avantagée du fait que son parc automobile est plus récent que la moyenne des véhicules de cette étude : rachetée en 1999 par Renault, les ventes de la marque explosent à partir de 2005 grâce à la Logan. [Edit 12/10/2012] .
    Après calcul de l’âge moyen des véhicules de l’étude pour chaque marque, Honda et Suzuki sont aussi avantagés que Dacia sur ce point, avec moins de 6 ans d’âge moyen :[Edit 30/10/2012]

Demandes et âge des véhicules

Qu’en est-il de l’évolution des marques ? La fiabilité de certaines à changé avec le temps, et les véhicules datant d’avant 2000 n’utilisent pas les mêmes technologies que les véhicules plus récents.

Malheureusement, les données d’immatriculation disponibles auprès du Comité des Constructeurs Français d’Automobile ou des autres organismes de statistique automobile ne sont pas suffisamment précises pour mesurer cette évolution, et surtout pour comparer les marques entre elles. Nous cherchons tout de même un moyen de réaliser cette étude, et ne manquerons pas de la publier si nous parvenons à obtenir les données nécessaires.

Sans pouvoir en tirer des informations sur la fiabilité des marques, on peut tout de même observer l’âge des véhicules de chaque demande de pièce sur France Casse :

On observe deux pics, un pour l’année 1996, et le maximum est atteint pour l’année 1999. Cela donne une bonne idée de l’âge moyen des véhicules de cette étude : environ 12 ans. Cela correspond t-il à l’âge moyen des véhicules en circulation ? Probablement pas puisqu’il faudrait prendre en compte les véhicules neufs pour faire une telle estimation.

Types de pièces les plus demandées

Dans la liste des pièces que nous avons sélectionnée, quelles sont les plus demandées sur France Casse ?

Types de pièce moteur demandées sur France Casse

Ces données permettent de faire plusieurs observations, et soulèvent deux questions :

  • Le moteur est toujours la pièce la plus demandée, et ceci quelle que soit la marque, l’âge ou le type de véhicule.
  • Les demandes de boîtes 5 diminuent à partir des modèles des années 2000, ce qui n’est pas surprenant au vu de l’apparition des boîtes 6.
  • Les demandes de moteurs augmentent sensiblement pour les modèles situés entre 2001 et 2004, pour une raison que nous ignorons. Si vous avez une explication, n’hésitez pas à la partager dans les commentaires !
  • De la même manière, les demandes de turbos augmentent fortement pour les véhicules mis en circulation dans les années 2000. Ceci serait-il dû à l’essor des moteurs DTI ?

Les pièces les plus demandées (toutes pièces confondues et non plus seulement parmi la liste précédente) sont bien les moteurs et boîtes de vitesses, certainement car ce sont les pièces les plus chères, et les acheter d’occasion permet de faire de substantielles économies.

Depuis 2007, France Casse a permis d’aider plus de 60 000 personnes à trouver leur moteur d’occasion !

Dans un prochain article, nous étudierons les demandes concernant les modèles de la marque Renault.

Vous aimeriez connaître les statistiques relatives à une marque, un modèle ou un type de pièce particulier ? Faîtes nous part de vos requêtes dans les commentaires et nous publierons nos statistiques sur ces sujets !

Merci aux relecteurs qui m’ont beaucoup aidé, ainsi qu’à Gregory Chaix pour ses conseils techniques pertinents.

2 Comments

  1. Très bonne étude, merci à France Casse!
    Pour les questions sur les turbos, il est évident que l’apparition de l’injection directe haute pression associée aux turbos à joué sur le pic de demande. Moteurs nettement plus performants et turbos ancienne génération n’ont pas fait bon ménage : pieds plus lourds sur l’accélérateur, montée dans les tours bien plus rapides. De plus la qualité de cet équipement diminue avec le temps : il faut produire le moins cher possible. La où il y avait un roulement par exemple, on le remplace par un palier, comme dans les pompes à injection. Ne parlons pas des systèmes à géométrie variable, très répandus et non adaptés à une conduite à basse vitesse.
    Idem pour les moteurs. La puissance et les performances supplémentaires apportées par l’injection directe haute pression a joué, d’autant qu’à l’époque ce n’était pas l’économie qui était privilégiées mais les performances pures. Là aussi, on voit l’influence de la guerre des prix et de l’allègement des véhicules. Entres les bielles découpées et non ‘fondues” de certains modèles Renault, en passant par le système d’alimentation en air du moteur en sortie du turbo réalisés en plastique (j’en passe et des meilleures.
    Notons aussi l’explosion de demande sur les injecteurs qui deviennent de plus en plus sensibles aux carburants et qui sont de plus en plus des produits bas de gamme. Sur certains d’entre eux, il n’y a plus de pièces en mouvement ou changeables.
    Il serait aussi intéressant d’avoir des stats sur quelque chose qui s’est répandu par obligation et qui est une hérésie pour le fonctionnement des moteurs : les vannes EGR! Souvent achetées neuves, certains modèles sont sujets à de fréquentes pannes de ce système et leur changement peut être très coûteux en terme de main d’oeuvre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *